![]() Joucotej : L’artiste Bavon Diana Landa déplore le manque de moyens alloués au théâtre
mercredi 23 mai 2012 Bavon Diana Landa, artiste comédien au sein de la Compagnie Théâtre des Intrigants revient dans cet entretien à l’importance des Journées congolaises de théâtre par et pour la jeunesse (Joucotej) et les actualités de sa compagnie théâtrale. Tout en étant satisfait sur le plan artistique de la 26ème édition de ce festival, il déplore le manque de moyens criant et l’absence des sponsors. Cet artiste nous a accordé cette interview ci-dessous dans la salle de spectacle des Intrigants à N’Djili. L’Av : Quelle est l’actualité de la Compagnie Théâtre des Intrigants ? La Compagnie Théâtre des Intrigants, c’est une vielle compagnie. L’actualité est qu’elle continue à organiser son festival des Journées Congolaises de Théâtre par et pour la Jeunesse (Joucotej) qui s’adresse aux enfants. Avant que les enfants ne jouent sur scène, des adultes sont à l’œuvre pour donner l’exemple à ces enfants, l’avenir de demain. Pourquoi avez-vous créé ces Joucotej ? C’est justement pour préparer la relève. Dans le temps, il y avait ce cours du théâtre. Et ce dernier permettait aux enfants-acteurs d’améliorer leur expression. Et c’est en voulant perpétrer ces activités de théâtre qu’on a donné la parole aux enfants à travers ce festival. Donc, la philosophie est que les enfants jouent pour eux-mêmes et les adultes jouent aussi pour eux avec pour objectif de chasser la timidité de parler en public. Après la clôture de ces Joucotej, êtes-vous satisfait de l’organisation ? La réponse est mitigée : on est satisfait comme on n’est pas satisfait. La satisfaction est du côté artistique parce que toutes les écoles qui ont été programmées ont répondu présentes, il n’y a pas eu de désistements pendant le festival, même à la dernière minute. La non satisfaction tient au manque de moyens. En même temps, nous encourageons le Fonds de Promotion pour la Culture (Fpc) qui vient de se réveiller et commence à soutenir les activités culturelles. C’est cela l’objectif de la création de cette structure : soutenir et faire la promotion des artistes. Comme il commence à le faire, on est content. Mais malheureusement, seule elle n’arrivera pas à faire grand chose. Nous demandons au ministre de la Culture d’encourager ce genre d’initiatives, aux sponsors de venir nombreux parce que l’avenir de nos enfants en dépend aussi. Qu’ils n’attendent pas qu’il y ait seulement des étrangers qui soutiennent la culture de chez nous. … On dirait que le manque de moyens est un problème éternel pour l’organisation de ce festival ? C’est comme nous l’avons toujours dit, le métier du théâtre, c’est un apostolat que nous faisons. Si seulement ont tenait aux moyens, nous aurions déjà abandonné le théâtre faire autre chose. Nous nous battons en nous disant qu’on est peut-être des précurseurs. C’est comparable au football, les Kakoko, Kidumu, Mana, Ndaya, Kalala, … ont joué le football pour le plaisir mais aujourd’hui les Eto’o et les autres stars vivent mieux que les politiques en possédant plus de moyens qu’eux. Pour la culture de notre pays, il y a de l’argent. Et cet argent, on ne nous veut pas le donner. Mieux, on ne veut pas le rétrocéder à la culture. L’argent y en a, mais pour la culture où va-t-il ? Nous demandons au gouvernement de penser aux artistes, je parle des artistes de toutes les disciplines. Revenons aux Intrigants, on a l’impression que cette compagnie est aux arrêts. Aucune activité, qu’est-ce qui se passe ? Non, nous continuons toujours à jouer. Pour le moment, on tourne avec la pièce « la guerre ou l’amour » que nous sommes allés jouer en tournée en Suisse. Et cette pièce a connu la participation d’un metteur en scène suisse. Nous avons joué au Zoo et ici dans la salle du spectacle des Intrigants. Nous continuons à jouer mais le fait qu’on joue dans la salle, la personne qui n’était pas à l’intérieur aura l’impression qu’on est mort, non. La compagnie de théâtre des Intrigants continuera à exister. D’ici là, nous allons entrer une autre pièce. Donc, il y en aura deux. C’est ça notre existence. Si nous arrêtons de jouer, ce qui signifie que la compagnie doit fermer. Propos recueillis par Onassis Mutombo dans la même rubrique
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