![]() Université de Kinshasa : Cosma Wilungula soutient une thèse avec grande distinction
mardi 22 mai 2012 La salle de promotion Mgr Luc Gillon de l’Université de Kinshasa était archicomble le Week-end du 19 mai dernier. Le Chef de travaux Cosma Wilungula du département de Sciences politiques et administrative, Faculté de Sciences sociales, a défendu avec brio une thèse de doctorat sur le « Processus de construction de sens et évolution de la politique en matière de conservation de la nature en RDC », de 1885 à 2011. Après débat et délibération, le jury présidé par le Professeur Mbwebwe a discerné la mention « grande distinction » au Pasteur Wilungula, Administrateur Directeur Général de l’ICCN. Il en résulte que devant les menaces diverses aux quelles l’humanité se trouve confrontée et dont l’essentiel des solutions se trouve être la nature sa diversité, il est évident que des questions des politiques y relatives soient systématiquement revues et approfondies en vue d’en faire des perspectives et des projections utiles et réalistes pour la survie de l’humanité. Dès lors, la problématique de la conservation et protection de la nature ou la préoccupation de mise en réserve de la nature en pleine internationalisation se pose désormais en termes de politique spécifiques de gestion dépendant des circonstances de lieu et de temps mais aussi des acteurs au pouvoir. Une étude très complète Outre son introduction et sa conclusion, la thèse du Docteur Cosma Wilungula s’articule autour de quatre axes prioritaires constitués en chapitres et subdivisé en sections. A l’issue de l’analyse, non seulement les grandes lignes de la conversation de la nature en RDC ont été clairement dégagées en partant de l’histoire générale du pays, mais aussi qu’au moins un référentiel a été identifié pour chacune des ces périodes historiques. En effet, cette étude démontre que la RDC a une longue tradition conversationniste qui part de l’Etat Indépendant du Congo vers les années 1900 avec la création des premières aires protégées dont les jardins botaniques de Kisantu et celui d’Eala, plus d’une décennie avant la création du parc national Albert jusqu’à ce jour. « A l’époque coloniale, la conservation en générale et la création des aires protégées en particulier s’appuient sur un besoin économique et mercantile qui anime le colonisateur en terme de référentiel. La politique domaniale qui est présente comme une esquisse conservationniste, est en réalité une forme pure simple d’expression et d’exploitation des indigènes et de leurs terres pour l’enrichissement de la métropole et de son Roi » révèle la thèse. C’est bien cette exploitation mercantile des autochtones et de leurs richesses naturelles à la quelle se réfère les visées colonialistes qui ont présidé au partage de l’Afrique et plus particulièrement à la remise du bassin du Congo à Léopold II, concrétisa l’idée à travers la politique domaniale, cette fois, non dans la vision des puissances de la Conférence de Berlin mais à son propre profit et celui de son pays, la Belgique. Quelle politique en matière de conservation de la nature ? Depuis l’indépendance, la RDC a poursuivi l’idée de conserver la nature avec, peut-être, des référentiels différents. Pour s’en convaincre, la RDC n’a jamais hésité de promettre à l’humanité toute entière, à chaque fois que l’occasion fait le larron, qu’elle faisait de l’environnement et de la conservation de la nature son cheval de bataille. Deux des trois régimes qu’elle connait l’explique. « Si le conservationnisme sous Mobutu est fondé sur le prestige, la nostalgie d’un forestier qu’il était la folie de grandeur du Maréchal – Président tenant à marquer l’histoire par des actes splendides, sous Kabila (père et fils), le conservationnisme s’impose pour permettre à la communauté internationale de répondre aux grands défis mondiaux dont le changement climatique devenu, désormais, une question de sécurité internationale contre lequel le bassin du Congo en tant que deuxième poumon forestier du monde apporte des éléments de réponses appropriés ». Dès lors, à en croire l’étude, des gros investissements et une attention toute particulière de cette communauté sont réservés à la conservation du poumon forestier congolais. En revanche, la RDC recherchant sa légitimité internationale, a promis d’offrir non plus 15% mais 17% de son territoire à l’humanité au travers de la conservation. « Dans la pratique, en guise de réponse à cette donne de sécurité internationale qu’est le changement climatique avec sa cohorte de réchauffement de la planète et de gaz à effet de serre, l’Institut congolais pour la conservation de la nature en application de la politique gouvernementale (d’ériger 17% du territoire national, soit 400.000km²) à priorité la création des aires protégées à écosystème forestier afin de disposer de véritables puits – carbone et cherche à s’inscrire dans le mécanisme REDD (réduction des émissions dues à la déforestation et la dégradation) ». En fin, l’auteur note qu’il est tout aussi impérieux, dans le cas de la RDC et des autres pays aspirant à l’émergence, de savoir concilier dans les exigences de la conservation, l’implication tant des communautés locales riveraines et des peuples autochtones que les impératifs du développement durable nécessitant l’accès à l’exploitation rationnelle des ressources naturelles. Papy Maluku dans la même rubrique
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