La contestation est en marche
vendredi 10 juin 2011

Chaque jour qui passe, un groupe politique trouve une raison pour contester le travail de la Ceni. La palme d’or dans cette œuvre vient des partis politiques d’une certaine opposition dite extra-institutionnelle. Cette opposition refuse de se mettre dans la logique de la loi qui régit la troisième République. Une des lois, celle qui organise les élections, instaure une commission nationale indépendante. Cette commission est voulue indépendante en dépit du fait que leurs membres sont désignés par l’opposition et la majorité proportionnellement au poids de chaque clan politique. Lorsque cette opposition dite extra-institutionnelle prend l’option de tirer à boulets rouges et de façon négativiste et systématique sur la Ceni, elle donne l’impression que la Ceni serait proche de la majorité. Elle ignore intentionnellement la présence de l’opposition dans l’organe dirigeant de la Ceni. Et pourtant, les partis politiques de l’opposition qui ont fourni des membres dans le bureau de la Ceni sont avec eux dans les mêmes réunions de l’opposition. Ils prennent des positions communes. Lorsqu’il s’agit de parler de la Ceni, cette opposition institutionnelle préfère garder un silence hypocrite. Elle laisse ses partenaires extra-institutionnels diaboliser gratuitement la Ceni.

Si l’opposition institutionnelle était intellectuellement honnête, elle devrait attirer l’attention de ses membres dans la Ceni, dans le cas où elle estimerait que les critiques de l’opposition extra-institutionnelle seraient fondées. Dans le cas où elle n’y croirait pas, parce qu’informée correctement par leurs membres, l’opposition institutionnelle devrait prendre l’avance pour dénoncer la manœuvre tendant à traîner la Ceni dans la boue. En se taisant, les partis politiques de l’opposition institutionnelle participent à la création d’un climat de suspicion qui ne pourra jamais favoriser la tenue des élections apaisées comme le souhaite tout le monde. Au Sud-Kivu, les partis politiques qui montent au créneau pour dénoncer les prétendues manœuvres de la Ceni et qui décident de ne plus participer aux réunions de la Ceni - comme si c’était un droit pour eux d’être invités à des réunions autour de la Ceni – ne sont que ceux qui n’ont d’existence que la grande gueule de leurs leaders. Ce sont des partis politiques qui n’ont rien à perdre dans une déflagration, dans un dérapage du processus électoral. Car, on demandera des comptes aux autres sauf à eux.

Il y a beaucoup de malhonnêteté et surtout du cynisme à jeter de l’opprobre sur l’arbitre avant même que le match commence. Apparemment, l’opposition est sûre d’un échec, aussi en lieu et place de préparer la victoire, elle se donne des raisons de contester la victoire qui ne leur reviendrait pas. Visiblement, pour cette opposition, le 6 décembre, si c’est son candidat qui est élu, tout ira pour le mieux. Dans le cas où c’est Joseph Kabila qui est réélu, il sera hors délai constitutionnel et donc illégitime parce qu’il n’aura pas prêté serment à cette date. Des gens quittent leurs maisons pour le plateau des chaînes de télévision en disant à leurs proches « suivez-moi sur telle chaîne… », pour aller raconter des histoires qu’ils maîtrisent à peine. Une certaine opinion se laisse ainsi endoctriner pour être utilisée demain. Il faut dire qu’il y a beaucoup d’illusions. Le jour où il y aura proclamation des résultats dans la transparence comme le prépare la Ceni, beaucoup de brailleurs n’auront même pas de couilles pour sortir de leurs maisons. Cela n’est pas une raison pour que dans l’autre camp on ne déploie pas des efforts de communication pour dire la vérité au peuple. Car, l’opposition ment et avec délectation.

Joachim Diana G.

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