La majorité sorcière ?
vendredi 6 mai 2011 En Afrique, généralement chez les bantous, il n’y a pas de mort naturel. Soit on est victime de sorcier, soit on est soi-même sorcier. Dans le dernier cas, lorsqu’on meurt on subit la vengeance des personnes qu’on aurait « mangées ». Cette croyance s’est transportée dans tous les domaines. Il y a quelques années, Franco Luambo Makiadi était vu derrière toute dislocation d’orchestre. Après, c’est Verkys Kiamwangana qui était accusé d’instigateur des discordes entre musiciens. Aujourd’hui, le sorcier, semble-t-il, c’est Koffi Olomide. Même lorsqu’on a mal géré son affaire, on estime que les conséquences ne peuvent survenir que s’il y a une main noire. On devrait pourtant s’inspirer de cette sagesse : « Chaque fois qu’il vous arrive un malheur mon fils, cherchez-en la cause en vous-même, d’abord en vous-même ». Car, l’enfer ce n’est pas toujours les autres. La croyance a atteint même le monde politique. Le pouvoir, disons la majorité au pouvoir, est aperçu derrière toutes les crises dans l’opposition. C’est l’accusation qu’on entend aujourd’hui. Le Mlc, parti politique de JP Bemba est une des formations politiques qui ont connu beaucoup de départs au point de provoquer une véritable érosion. Au lieu d’analyser les vraies causes de ces départs, on recourt très vite à la banalisation, à la facilitation en trouvant des bouc-émissaires. Le secrétaire général du Mlc, François Muamba refuse de partir, de cautionner une décision illégale. Pour la première fois, il utilise les grands moyens en saisissant la justice. C’est un point de non retour. Il est vrai que Thomas Luhaka ne s’avoue pas vaincu. Il dit faire confiance à ses arguments et à ses avocats. Mais, il saute aux yeux que l’aile Thomas Luhaka a toutes les chances de se voir condamnée pour avoir obéit à une tradition qui ignore la volonté des textes. L’aile Luhaka a eu tort de penser que la potion qui avait tué Yves Kisombe, José Makila, Olivier Kamitatu, Delly Sesanga, pour ne pas remonter jusqu’au déluge, emporterait aussi facilement l’homme de Kabeya Kamwanga. Le Mlc a oublié que François Muamba était à la cuisine, à la première loge qui préparait cette potion. A force de s’exposer à cette potion, il en est devenu le consommateur passif. Cela lui a permis de développer des résistances. François Muamba, aux premiers jours de l’éclatement de la crise qu’il a passivement supportée pendant des années, démontre qu’il a la peau dure. François Muamba connaissant comment on s’y prenait pour pousser dehors les membres indésirables, a appris à renforcer sa défense. Le collège des fondateurs, se mettant en dehors des statuts, se fonde abusivement sur le principe selon lequel, qui a fait peut défaire. Il arrive pourtant qu’en un moment, on puisse arrêter la dérive. Pour le Mlc, l’heure a sonné pour écouter la volonté des statuts du parti. On ne voit donc pas comment l’aile Thomas Luhaka s’en sortira devant le Tribunal de Grande Instance de la Gombe. Ce sera pour rien que l’on accusera le pouvoir qui n’a aucun intérêt aujourd’hui à tirer sur le corbillard. La crise de confiance au Mlc à l’odeur du tribalisme. Le Mlc, bien placé pour occuper le poste de porte-parole de l’opposition, l’a perdu en positionnant Bemba empêché. C’était une façon de pousser Muamba à sortir ses griffes pour envier ce poste. Ce serait trahir Bemba. La sanction ce serait l’excommunication. Il a joué subtilement en laissant l’opposition perdre le poste. Au moment où se pointe les élections, le Mlc positionne Bemba pour arrêter l’ambition de Muamba. Le mémo des élus sert de déclic à l’excommunication. Où est la part du pouvoir dans cela ? Joachim Diana G. dans la même rubrique
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